19 nov. 2015

Chère Paris...


Je ne pouvais pas revenir écrire sur ce blog sans un petit mot à propos des différents événements. Même si au départ, ce n'était pas prévu, ça fait du bien de s'exprimer sur cela. Moi, j'ai choisi mon blog, mon lieu d'écriture. Les articles reprendront leur rythme "normal" après cet article. 
Je vous embrasse. 




Chère Paris, 

On ne se connait pas bien mais je tenais quand même à t'écrire ces quelques mots aujourd'hui. Pour toi. Pour eux. Pour moi. 
Pour pouvoir avancer. Continuer à vivre. Pour toi. Pour eux. Pour moi, aussi. 
J'ai passé 3 jours recroquevillée sur mon canapé, à regarder avec effroi les informations heures par heures, minutes par minutes, impuissante, triste, en colère, démunie depuis mon île. 
Le bilan qui s'alourdit, l'impression que le temps s'arrête, qu'on va se réveiller le lendemain et que ce sera un mauvais rêve. 
Un réel cauchemar malheureusement. 

Des chiffres tétanisants, des visages sur Twitter toujours plus nombreux, une solidarité sans égale, des visages qui deviennent de plus en plus familiers et qui deviennent au fur et à mesure de la journée, des jours, des avis de décès. Des jeunes et moins jeunes tués pour avoir été heureux et pour avoir été libre de vivre.
L'impression d'avoir perdu ses amis, sa famille, la tristesse qui resurgit. 

Des discours poignants, 
Des couleurs bleu blanc rouge à travers le monde,
Ces habitants endeuillés qui restent debout et forts malgré tout, 
Ce pianiste et son piano tellement touchant avec sa reprise fragile de "Imagine", 
Cette dame et son message de paix qui clame haut et fort que nous fraterniseront avec 5 millions de musulmans et que nous nous battrons contre 10 mille barbares, 
Ce petit garçon soulagé de découvrir que les fleurs et les bougies sont là pour nous protéger,
Cette Marseillaise qui résonne dans nos têtes, 
Ces visages fermés et douloureux mais prêts à se battre et à revendiquer toujours plus leur liberté, leur joie et leur don de profiter de la vie, si propre aux Français.  

On ne se connait pas bien. 
Moi avec ma vision de provinciale, excédée par tes habitants si pressés, pas très aimables parfois, j'ai répété tellement de fois que jamais je n'habiterai dans ta jolie ville, trop grande, trop bondée, trop pressée. 
Pourtant, les étrangers t'admirent, ils t'admirent tellement tu sais. En Italie ils me parlaient de ta Tour Eiffel, si grande, si imposante, si majestueuse, si belle, de tes cafés, tes viennoiseries, tes Grands Magasins, tes monuments, tes façades, tes habitants si bien habillés, si classes. En Italie, ils ne traduisent pas certains mots comme "champagne", "chic", "Grands Magasins", "croissant", ces mots qui traduisent uniquement ce qu'est la France à leurs yeux et au yeux du monde également. Un peu cliché, je sais. 

Alors non Paris, on ne se connait pas bien. 
Non je n'ai pas toujours été tendre avec toi et tes habitants parfois.
Mais aussi forte que tu es et que tu seras toujours, tu as su te relever, un peu bancale pour le moment, mais tu te relèveras, j'en suis sûre. 
Et tu sauras revendiquer encore et encore ta liberté, ta joie de vivre, ton art de vivre, ta mixité et ton insouciance au nom de la France. 

Je te dis donc à très vite, pour qui sait, aller voir un concert, boire un verre en terrasse, admirer ta Tour Eiffel, voir ces amoureux insouciants s'embrasser encore et vivre au nom de ceux qui sont partis pour tout cela, "à cause de ça". Pour la liberté de vivre comme on l'entend malgré la haine de ces barbares sans âme. 

A très vite, Paris, ville des lumières, des amoureux et de la liberté française. 


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